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Mensonge ordinaire: 25% de sel en moins

Intéressons nous aujourd’hui à ce produit de supermarché :

Photo prise à Monoprix, Avril 2012

La consommation de sel est jugée trop importante en France et dans les pays occidentaux en général. Le sel est notamment accusé de provoquer de l’hypertension augmentant les risques cardiovasculaires (qui sont, je vous le rappelle, la première cause de mortalité dans ces pays). La page wikipédia sur le sujet résume bien le consensus en la matière. La surconsommation entraîne également des soucis plus mineurs, comme une rétention d’eau trop importante.

Pour ces raisons, quand on a une alimentation aussi mauvaise que la moyenne, on peut chercher à préférer du jambon « -25 % de sel ». Maintenant, la consommation de porc n’est clairement pas recommandée pour la santé, mais on a tout de même un bel exemple de « Mensonge de l’industrie alimentaire » – Comprenez, un mensonge qui n’en est pas vraiment un.

Il faut savoir que vendre des produits alimentaires très riches en sel comprend deux avantages exceptionnels:
– Le sel est un exhausteur de goût: votre produit aura simplement meilleur goût, d’où accroche du consommateur.
– Le sel est un excellent conservateur, à un prix dérisoire. Une DLC (date limite de consommation) plus longue, c’est de grosses économies logistiques.
On comprend que la nourriture industrielle soit surchargée de sel et que cela puisse entraîner des problèmes de santé. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire cet article qui vous décris le salage habituel des soupes industrielles, mêmes de soupes de « bonnes marques » comme Liebig.

Déjà, que signifie – 25 % en Sel ? Pourquoi ce chiffre ? Le règlement européen 1924/2006 légiférant les allégations nutritionnelles autorisées a la réponse. L’allégation suivante en fait partie:

RÉDUIT EN (NOM DU NUTRIMENT)
Une allégation affirmant que la teneur en un ou plusieurs nutriments a été réduite, ou toute autre allégation susceptible
d’avoir le même sens pour le consommateur, ne peut être faite que si la réduction de cette teneur est d’au moins 30 % par
rapport à un produit similaire, sauf s’il s’agit de micronutriments pour lesquels une différence de 10 % par rapport aux
valeurs de référence fixées par la directive 90/496/CEE du Conseil est admissible et pour le sodium ou l’équivalent en sel,
pour lesquels une différence de 25 % est admissible.

Le produit a donc été formulé de manière à ce qu’il y ait la plus petite différence légale en sel entre ce produit et les autres jambons de supermarché… Qui sont connus pour déjà en contenir des quantités obscènes. Au final, il y aura évidemment tout de même trop de sel. Une première escroquerie ici est de prétendre pouvoir vendre du jambon avec « pas beaucoup de sel », le meilleur moyen de réduire son apport étant évidemment de s’abstenir de consommer de la charcuterie.

Autre exemple du même produit chez le concurrent. Les ingrédients sont grosso modo les mêmes.

Quel est donc l’arnaque ici ? Tout simplement, La teneur en sodium finale du produit est totalement indépendante de la teneur en sel du produit. Le produit ne clame pas une teneur réduite en sodium, mais une teneur réduite en sel. Hors, c’est le sodium contenu dans le sel qui est responsable des maladiées liées à sa surconsommation. La dénomination chimique du sel est le Chlorure de Sodium, qui se dissocie en chlore et sodium immédiatement dans votre corps. C’est ce dernier qui est réellement dommageable pour la santé.

Et quand on regarde la liste des ingrédients:

Photo difficilement lisible mais je vous retranscris la liste :
 Jambon Cuit Supérieur de Paris, Ingrédients: Jambon frais de porc, Sel, Bouillon (Eau, Couennes de porc, Oignon, Os de porc, Sel, Persil, Ail, Clou de girofle, Poivre, Laurier), Dextrose, Arômes, Conservateur: Nitrite de sodium, Chlorure de potassium, Antioxydant: Ascorbate de sodium.

(Mention spéciale ici à « Arômes », vous pouvez être certain que si on ne précise pas « arôme naturel » ça veut dire « arôme synthétique ».)

Autre exemple:

Comme vous avez pu le constater, les deux jambons contiennent bien du sel, dont la quantité a été réduite, mais son pouvoir conservateur est compensé par d’autres sels de sodiums, non appelés communément « sel » (terme qui fait référence en général au Chlorure de Sodium) ayant les mêmes effets négatifs sur votre apport sodé : le Nitrite de Sodium et l’Ascorbate de Sodium. Il s’agit donc d’enlever un peu de sodium par ici pour en rajouter par là.

Alors oui, ces jambons sont réduits en sel, mais pas en sodium. Si le médecin vous dit de surveiller votre apport en sel, il sous-entend que vous devez réduire votre apport en sodium. Au final, vous aurez ici consommé une quantité équivalente de sodium, tout en pensant diminuer votre consommation.

Je conclus sur une parenthèse : le nitrite de sodium est un cancérigène connu. Mais c’est également le conservateur le plus efficace contre une bactérie qui vous foudroierait en quelques heures, dussiez-vous la consommer un jour (Clostridium Botulinum, responsable du Botulisme et des vieilles liftées). La neurotoxine produite par cette bactérie (le botox) est la toxine la plus mortelle connue à ce jour. Il est donc obligatoire de rajouter du nitrite de sodium dans la charcuterie, malgré ses effets cancérigènes connus.  Chaque fois que vous consommez de la charcuterie, vous ingérez des cancérigènes, qui vous préviennent contre une mort rapide.

Vous comprenez maintenant pourquoi je ne suis pas fan de porc ?

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Mais enfin t’as vu comment on mange ? Partie 1: Pourquoi Activia ne sert à rien

Intéressons nous aujourd’hui aux bénéfices santés de ce truc :


Pour vous chers lecteurs, je suis allé me taper l’intégrale des Publications Activia données par Danone. Il s’agit de l’intégralité des recherches prouvant l’utilité d’Activia.

> 17 publications d’études cliniques, incluant 7 études sur la survie de la souche et 10 sur le bénéfices* (6 études portent sur le transit et 4 sur le confort digestif)

*[Les fautes d’orthographe sont d’origine]
17 études indiquent donc que Activia c’est bon pour la santé ? C’est assez limite, comme quantité d’études, mais admettons. Ah, pardon, seulement 10 admettent un intérêt quelconque au consommateur, 7 sont juste là pour prouver que la bactérie se retrouve dans une certaine proportion à l’intérieur de votre corps (C’est à dire qu’elle n’a pas été entièrement flinguée par vos sucs gastriques). Je doute que ceci soit un argument santé, ni que cela prouve une fonctionnalité quelconque. Si je mange une cuillère en plastique, j’ai beau savoir qu’elle se retrouvera dans mon estomac, je pense pas être en meilleur santé pour autant.

Je vous invite si vous le désirez à aller vous-même voir la page des publications, mais je crois qu’ils savent pas trop compter chez Danone et qu’ils ont mal lus certaines études. Par exemple, l’étude suivante est classée dans « Etudes prouvant la survie de la souche » alors que le sujet est totalement différent.

Lien: http://www.ingentaconnect.com/content/bsc/jam/2008/00000104/00000002/art00029

Cet article me plait particulièrement, bien que j’étais déjà au courant de sa conclusion : Il prouve en effet que consommer des yaourts aide à mieux… digérer les produits laitiers. Ce fait est d’ailleurs assez connu des nutritionnistes… Mais j’aimerais bien savoir en quoi il s’agit d’un avantage santé. Si l’on résume, cette étude prouve que manger des activias, c’est bien, parce que ça permet de manger plus d’activia, ce qui est bien, car les activias aident à manger plus d’activia, ce qui est bien car [etc…]

Je passe sur les 6 autres articles prouvant la survie de la bactérie dans le corps (Puisque cela n’est pas considéré comme un avantage santé). Il nous reste 11 études (Total 11+7 = 18 études et non pas 17 mais bon, je l’ai dit, ils ne savent pas compter).

Sur 11 études, 10 prouvent exactement la même chose: La consommation quotidienne d’au moins 1 activia par jour pendant plusieurs semaines aide à lutter contre la constipation. Là encore, je vous invite à vérifier par vous-mêmes.

A-t-on vraiment dépensé des années de recherche et des millions en publicités pour ça ? Je songe à sortir ma propre marque de super-Activia. Je le vendrais plus cher dans les supermarchés et je martèlerais la télévision de publicités. Je l’appellerais…

LE PRUNEAU

Je défie tout laitage d’être aussi puissant pour l’accélération de votre transit que quelques pruneaux. Si l’on définit la dé-constipation comme un argument de santé, j’ai une excellente nouvelle : Les fruits et les légumes frais ont ces vertus. Donc… Activia peut vous aider dans la mesure ou vous ne mangez aucun fruits et légumes frais… à ne pas trop souffrir de constipation parce que vous avez mangé de la merde. Sauf que si vous ne mangez aucun fruits et légumes frais, les conséquences sur votre santé sont bien plus graves que quelques problèmes de constipation. Le seul interêt d’Activia est donc de vous aider à manger mal. Au final, leur publicité n’est peut-être pas si malhonnête que ça (Mais t’as vu comment on mange ?).

Fort de ces informations, si je devais illustrer l’intérêt d’Activia pour la santé d’un consommateur en assez mauvaise santé pour en avoir besoin, je choisirais cette image:

Ca devrait faire l’affaire

Il nous reste donc une étude dont le sujet n’est pas la déconstipation. Il s’agit de la seule étude prouvant qu’activia « améliore le confort intestinal ».

Lien : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1751-2980.2008.00366.x/abstract

Cet article est une blague. N’importe qui avec quelques années de science derrière lui peut flairer l’arnaque ici : dans une étude scientifique sérieuse, et spécialement en nutrition, et SPÉCIALEMENT quand le critère jugé est d’ordre qualitatif et jugé par le patient, on utilise des groupes de contrôles avec placebos.

La raison en est la suivante: imaginez que vous meniez une étude scientifique sur 300 personnes. Vous les divisez en trois groupes de 100 personnes. Le premier devra consommer un pot de yaourt tout les jours; censé améliorer le transit. Le deuxième en consommera deux. Le troisième ne changera rien. Aux trois groupes vous demandez de continuer leurs habitudes alimentaires régulières. Tout le monde rentre chez soi. Après quelques semaines, vous demandez à chaque personne d’évaluer si le transit passe mieux, a l’aide de fiches d’évaluations.

Les résultats sont les suivants: Le premier groupe note une amélioration. Le deuxième groupe note exactement la même amélioration. Le troisième groupe, groupe de contrôle, n’a ressenti aucun changement. Quelles conclusions peut-on scientifiquement en tirer ?

Absolument aucunes.

En effet, quelle est la probabilité que des gens dans le groupe de contrôle vous répondent qu’il y a effectivement une amélioration ? Alors qu’il leur a été demandé de ne rien changer à leurs habitudes alimentaires ? Pourquoi y aurait-il une amélioration ? Ce qui amène a la question: Pourquoi a-t-on formé un groupe de contrôle, si l’on ne leur a pas administré un équivalent non actif du produit ? Ce groupe de contrôle a-t-il comme seul intérêt de faire bien sur le papier ? Il est donc impossible de comparer les résultats entre les groupes 1 et 2, et le groupe de contrôle.

La seule information qu’aurait pu prouver cette étude aurait été que deux yaourts améliorent PLUS le confort qu’un seul. Hors, pas de chance, l’étude démontre justement le contraire. Et comme le groupe de contrôle n’est pas valide, il n’y a aucun moyen d’évaluer s’il y a effectivement eu une amélioration, ou si l’on a affaire à un bon vieux effet placebo, qui est pourtant prit en compte dans n’importe quelle étude scientifique digne de ce nom.

On n’a également aucun moyen de prouver que l’amélioration du confort digestif est effectivement dû aux probiotiques, ou si il s’agit de la simple conséquence d’une diarrhée modérée causée par la caséine du yaourt. Encore une fois, on n’a aucun moyen de savoir si un autre yaourt sans probiotiques aurait fonctionné, ou si des pruneaux n’auraient pas encore mieux fonctionnés.

Cette étude supposée mettre en avant le bénéfice des probiotiques présents dans Activia est donc une vaste arnaque. Mais les chercheurs le savaient eux-même, quand dans la conclusion de l’étude on peut lire:

Findings of this trial show that fermented milk containing a specific probiotic  strain may improve digestive comfort in a general population when consumed in real-life conditions. Future double-blind, randomized, controlled studies are required to confirm the beneficial effects observed in the present study

D’autres études (Randomisées en double-aveugle) sont nécessaires pour confirmer les effets bénéfiques observés ici. Sauf que vu la façon dont Danone met en avant cette étude, ils n’ont pas dut bien lire cette phrase ! Et oui, une étude pour confirmer ceci devrait être en double-aveugle, car il s’agit justement d’une technique d’étude dont l’objectif est d’annuler les effets placebos. Les scientifiques reconnaissent eux-mêmes l’énorme faille de l’article. Dommage que cela n’empêche pas Danone de faire sa promotion.

Et enfin, la cerise sur le gâteau:

This study was supported by a grant from Danone.

Cette étude a été payée grâce à une bourse de Danone


Sans déconner ?

Voila, vous avez résumé dans cet article toute la littérature scientifique en faveur d’activia. Et comme vous l’avez deviné, je prépare déjà un article sur ses effets néfastes… Affaire à suivre.

En attendant je vous quitte sur un conseil santé:

D’ici là, moi je vais regarder des pubs pour des yaourts, c’est ce qui me fait bien chier.

(1) Extrait de l’étude: A group of 70 formed a control group. After a screening visit to check their medical history and inclusion/exclusion criteria, eligible volunteers were randomized into one of the three groups: the 1-pot group consuming one pot of test FM daily for 14 days; the 2-pot group consuming two pots of test FM daily for 14 days; and the control group continuing with their normal diet without intervention. All were encouraged to maintain all other aspects of their dietary and physical exercise habits

Mais enfin t’as vu comment on mange ? Introduction: Danone et la loi

Il y a énormément de propagandes à débusquer du coté du monde des produits laitiers. Autant commencer par le début ! Prenons une marque qui nous martèle de publicités depuis des années.

Je commence un dossier intitulé « Mais enfin t’as vu comment on mange ? » dont le but est d’expliquer les mensonges de Danone à propos de leurs produits. Il faut savoir que Danone possède d’excellentes équipes Recherche et Développement, ce qui devrait leur permettre de prouver rapidement si un produit est bon ou pas pour la santé. Et quand, comme ici, on cherche longtemps et qu’on ne trouve pas, on fait appel aux équipes Marketing, qui transforment l’eau en vin.

Petit historique législatif

2005: « Bio » de Danone devient « Activia »

Danone aime prendre des libertés avec la loi. Pour rappel, Activia s’appelait Bio avant d’être obligés de changer de nom. Appeler « BIO » un yaourt qui n’a RIEN de biologique, au moment ou le biologique devient tendance : Erreur stupide ou stratégie calculée ?  Avec tout les avocats qui travaillent chez Danone, comment ont-ils pu rater cette loi vieille de 15 ans sur l’étiquetage des produits biologiques, qui empêche évidemment de prendre de telles libertés ? Ou alors, ont-ils assumé le risque, pour mieux imposer leur produit avant de changer le nom quand ils y seront contraints, tout en gardant leurs consommateurs déjà fidélisés ?

C’est exactement ce qu’il s’est passé, et ce qui peut porter à croire que l’erreur était calculée… Il faut savoir que dans l’industrie alimentaire, fidéliser le client c’est toucher le jackpot. Il s’agit du but ultime de tout produit, car c’est la stratégie de vente la plus profitable.

2010: Forcés par la loi, Danone retire ses allégations nutritionnelles.

De la même façon, vous connaissez tous les publicités Activia. Matraqués en plusieurs langues dans de nombreux pays, notamment en France, clamant des bénéfices santé.

Il se trouve que Danone s’est enfin mis en conformité avec la loi en ce qui concerne les allégations des « bénéfices santés des probiotiques ». La nouvelle loi (Loi 2006 sur les allégations mais amendée en 2007 et qui met 3 ans à se mettre en place) les empêche en effet de communiquer sur les probiotiques de leurs yaourts, qui nont jamais étés reconnus bénéfiques pour la santé par l’organisation européenne faisant force de loi dans le domaine alimentaire  (EFSA). Un dossier avait été déposé, mais retiré en 2009 par manque de preuves.

Au moment même ou le groupe se mettait en conformité avec la nouvelle loi, ils ont lancés une nouvelle campagne de publicités Activia/Actimel encore plus vaste que d’habitude, exactement similaires aux précédentes mais là on ne disait plus que ces produits étaient bons pour la santé, on le sous-entendait. Ce qui, après plusieurs années de matraquage publicitaire, revient au même dans le cerveau du consommateur… Personne n’a remarqué la différence.

Mais c’est quoi les probiotiques ?

Notre système digestif est rempli de bactéries nous assurant protection contre les maladies et bonne assimilation des aliments. Si notre organisme n’était pas chargé de cette flore intestinale, la moindre bactérie pathogène extérieure y trouverait refuge facilement. Il y a pour environ 1,5 kilos de bactéries dans votre système digestif, ce qui représente un nombre de bactéries dix fois supérieur au nombre de cellules de votre corps.

La flore intestinale n’est pas constante, elle évolue en fonction de ce que vous faites, de ce que vous mangez, en bref elle s’adapte. Et en même temps elle garde une certaine stabilité, ce qui vous assure une bonne santé.

Un probiotique est une variété de micro-organisme qui, ingéré, est censé apporter des bénéfices à la santé en s’installant dans notre système digestif.

Déjà, j’y vois un certain problème. Il s’agit ici de prendre une flore intestinale naturelle, qui s’est développée avec vous, et de la remplacer par une bactérie que Danone a déclarée bonne pour la santé (le célèbre Bifidus, ou Bifidobactérium animalis). On peut être inquiets au concept même du produit.

Purement à titre d’exemple, un article a fait le buzz récemment en faisant remarquer que les probiotiques utilisés pour ces yaourts sont les mêmes que ceux utilisés pour engraisser les animaux de ferme. Je vous invite à lire cet article, puis à lui jeter la première pierre, car c’est un article de très mauvaise qualité et au contenu plus que douteux, même s’il m’a permis de constater que les chercheurs se posent effectivement la question sur un lien obésité/probiotiques.

Les prochains articles de ce dossier « Mais enfin t’as vu comment on mange ? » seront consacrés à une revue de la littérature disponible sur Activia et Actimel. Dans un premier temps, je ferais la critique des articles pro-probiotiques communiqués par Danone, puis dans un second temps celle des articles anti-probiotiques.

D’ici là, et comme le disait Chirac, « Mangez des pommes ! ».

Pourquoi a chaque fois que l’on mange un fast-food, on risque de mourir.

L’affaire du Quick d’Avignon a fait couler beaucoup d’encre en son temps (avant que tout revienne à la normale un peu plus tard). Il est intéressant de remarquer qu’une autre affaire, Quick qui décide de passer au tout-halal, a provoqué une polémique bien plus grande et a été source d’indignation considérable un peu partout. Comme quoi, quelques restaurants qui décident de ne plus vendre de porc, c’est tellement plus grave qu’un jeune de vingt ans en bonne santé qui décède parce qu’il a… mangé un sandwich.

Ceci peut vous tuer.

Copyright Photo: ©Quick (lol)

Résumé de l’affaire: Simple. Un jeune avignonnais mange à Quick, décède d’une toxi-infection à Escherichia Coli.

L’expertise juridique accuse Quick. Des traces de Escherichia Coli sont retrouvées à divers endroits du restaurant et sur les employés.

Quick dénonce un « dysfonctionnement local ». La fréquentation baisse quelques peu dans ce restaurant, mais c’est à peu près la seule conséquence notable qui suit la mort de ce jeune homme.

Quelques explications sur Escherichia Coli, une bactérie meurtrière.

Escherichia coli est une bactérie que l’on retrouve, pour parler vulgairement, dans la merde. Comme toute les bactéries, elle aime particulièrement se reproduire dans les chairs mortes (ce que l’on appelle dans ces restaurants, de la « viande »). Elle est « commensale », ce qui signifie qu’elle fait partie de notre flore intestinale mais n’entraîne aucun effet négatif. Il existe cependant certaines souches pathogènes de E. Coli qui peuvent entraîner des intoxications alimentaires.

La première source de E. Coli au monde est, bien évidemment, l’élevage industriel. Il faut voir les grandes fermes où la viande est produite, et son lot de bovins nourris au maïs (tellement moins cher que l’herbe, bien plus efficace pour engraisser un mammifère, quitte à les rendre malades). La fermentation du maïs dans les estomacs non adaptés des bovins est un milieu de reproduction privilégié pour E. Coli. La ferme est un milieu privilégié pour sa transmission, les bovins se chiant littéralement les uns sur les autres, et pataugeant dans leur merde.

La viande vient de là.
(Photo ©Food inc)

Le pire est à venir: Les éleveurs, allant évidemment à la solution la plus économique, font le choix depuis une cinquantaine d’années de traiter les animaux à grand renfort d’antibiotiques. Depuis une cinquantaine d’années, on leur dit que c’est très dangereux de faire ça: en plus de retrouver les antibiotiques dans le lait et la viande, on risque surtout de provoquer l’apparition de E. Coli résistantes aux antibiotiques. Ce qui signifie, pas de traitement pour les intoxications alimentaires, et des risques de mort multipliés.
C’est ainsi que des souches résistantes aux antibiotiques vont se retrouver sur certains légumes ou graines germées, quand on utilise les excréments bovins comme fumier pour des cultures bio (l’industrie alimentaire est grande championne du recyclage, tout est bon dans le cochon). D’où la crise de 2011 qui entraîna 35 morts et 3200 contaminés par E. Coli  résistante aux antibiotiques, par simple consommation de graines germées biologiques contaminées.

Mais bon, on continue de bourrer les vaches d’antibiotiques, tout simplement, parce que ça rapporte plus de sous.

Pour en revenir à Quick.

L’infection d’un restaurant ne peut avoir que deux sources potentielles:

1/ Mauvaise hygiène des employés
Des employés qui ne se lavent pas les mains après la grosse commission peuvent infecter une cuisine. Pas le temps de se laver les mains ? Des cadences de travail élevées ? Des employés non sensibilisés a l’hygiène, ou qui s’en foutent ? Le chargé de nettoyage qui utilise la même éponge pour nettoyer l’évier et les toilettes ?

2/ Infection de la matière première (le steak)
Toute personne ayant vue un abattoir le sait: le vidage des tripes d’un bovin n’est pas une science exacte. Dans la pratique, la viande se contamine tout simplement par la merde qu’elle transporte. Les rythmes imposés par le travail à la chaîne dans les abattoirs accentuent encore ce problème. Une fois qu’elle a contaminée la viande, la bactérie s’y reproduit allègrement. Il suffit ensuite d’un simple steak surgelé qui n’ait pas été chauffé à coeur à 65 degrés pour que le consommateur ingurgite le cocktail de bactéries.

La plupart des chaînes de fast-food fonctionnent en franchise: le patron du Quick est la seule personne responsable de la tenue de l’hygiène dans son restaurant. Si le restaurant perd de l’argent, c’est SON argent qui est perdu. Comme le montre cette vidéo prise chez MacDonald, beaucoup se soucient moins de petites microbes invisibles dans leurs hamburgers que de la vitesse à laquelle l’argent rentre dans le tiroir-caisse. Certes, des contrôles sont parfois effectués par les maisons-mères… Mais ils sont rares.
Certains diraient que ce sont des risques inhérents à n’importe quelle restauration. En réalité, les spécificités des fast-foods accentuent les risques: La consommation de steaks surgelés de mauvaise qualité est un danger en soi (On se rappelle l’Affaire steaks Lidl 2011 qui a intoxiqué sept enfants). Les conditions de travail de la « nourriture rapide » sont multiplicateurs de risques. Si vous voulez manger dehors ne mangez pas à risque.

Alors La prochaine fois que vous irez consommer du fast-food, posez vous les questions suivantes: Est-ce que je connais le responsable de ce restaurant en particulier ? Est-ce une personne responsable ? A-t-il les moyens de s’assurer que ses employés respectent les consignes d’hygiène ? Mon steak a-t-il été bien cuit ? Et la personne qui a découpé cet animal, je la connais ? Fait-elle bien son travail ? A-t-elle eu le temps de bien retirer la merde de la viande ? Et la vache qui était ce steak, était-elle malade ?

Si vous avez la réponse à toutes ces questions, je vous souhaite un bon appétit.