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Dossier : Alimentation optimale. Partie 1 : Le réel danger des mauvais aliments.

Dossier : Alimentation optimale.

Partie 1 : Le réel danger des mauvais aliments.

Après une longue absence, voici une série d’articles dans le cadre d’un vaste dossier sur un sujet m’intéressant particulièrement : l’alimentation optimale. Existe-t-il une façon de s’alimenter « parfaite » ? Quelles sont les limites d’une telle alimentation ? Quelle sont les possibilités ? Et pour commencer, quelles sont les conséquences d’une alimentation imparfaite ? Quelles sont les risques réels de la consommation modérée de mauvais aliments ?

Au risque de dérouter mes lecteurs, les prochains articles vont prendre une direction inhabituelle. Nous allons soulever plusieurs questions, dont beaucoup resteront sans réponse.  Nous aurons au moins le mérite de lutter contre quelques idées reçues, et je ne doute pas que vous et moi n’apprenions des choses intéressantes au fur et à mesure…

Et pour commencer, un article qui va traiter de l’alimentation non-optimale, en relativisant le réel danger des « mauvais aliments » sur notre santé.

Si les idées qui suivent vous choquent au-delà du raisonnable, je vous invite à lire d’abord l’article en entier, puis seulement à débattre en commentaires.

Dans un souci de simplification, on utilisera les termes-raccourcis suivants :

– « Bons aliments » : aliments généralement reconnus comme étant sains à la consommation, et ce même en consommation régulière.

Exemples : Fruits, légumes, céréales non transformées, aliments végétaux non transformés, etc.

– « Mauvais aliments » : aliments généralement reconnus mauvais pour la santé, si consommés en quantités trop importantes et/ou trop régulièrement.

Exemples : Viande rouge, Sodas, Graisses végétales hydrogénées (« transformées »), nourriture généralement vendue en fast-food, alcools, etc.

Sans plus d’introduction, commençons notre réflexion.

1/ Remettre les produits « Bons pour la santé» et
« Mauvais pour la santé» en perspective.

Je réalise que beaucoup de mes lecteurs sont adeptes d’une alimentation « naturelle » – Je le suis aussi, sur une base quotidienne. Pour ma santé, une alimentation basée sur les fruits et légumes, quelques féculents, quelques légumineuses, me semble le meilleur choix. Et bien qu’étant végétalien strict (1), avec les connaissances dont je dispose aujourd’hui, je dois reconnaitre qu’une consommation Modérée de produits animaux et/ou de produits « hautement transformés » ne pose aucun problème (2). Les « flexitariens » qui soignent leur alimentation sont en excellente santé. La consommation d’à peu près n’importe quoi en modéré ne posera aucun problème, voir pourrait même être bénéfique pour la santé.

À titre d’exemple, l’alcool. Cet article du Times (http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,2017200,00.html) rapporte un paradoxe bien connu des nutritionnistes : les buveurs modérés (1-3 verres/jour) vivent plus longtemps que les non-buveurs. Pourtant, les effets négatifs de l’alcool pour la santé sont bien connus. Alors, peut-on dire que l’alcool est bon pour la santé ? Non, l’alcool est littéralement un poison pour l’organisme (3). Mais c’est également un excellent anxiolytique et un très bon lubrifiant social. Les bénéfices psychologiques que l’on peut retirer d’une consommation modérée d’alcool dépassent de loin ses effets négatifs pour la santé.

« Seule la dose fait le poison » disait Paracelse. On pourrait reformuler en : « Certains poisons, dans certaines circonstances, sont bons pour la santé ».

2/ Le vrai danger des aliments « Mauvais pour la santé ».  

On observe ainsi que les avantages d’un « mauvais aliment », à une certaine dose et dans un certain contexte, peuvent dépasser les inconvénients. Le corps humain et le contexte dans lequel il évolue joue une part trop prépondérante : Voltaire disait « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé », et au fond il avait bien raison.

Evidemment, avec cette réflexion, on peut justifier la consommation d’à peu-près n’importe quel aliment ou drogue (4). Quand on me dit qu’une consommation occasionnelle et restreinte de « mauvais aliments » ne pose aucun problème, je fais remarquer qu’une consommation occasionnelle et restreinte de cocaïne n’est pas plus dangereuse, d’un point de vue biologique. De là à dire que la cocaïne est un aliment sain à consommer tous les lundis matin dans le cadre d’un petit déjeuner  équilibré, il y a un fossé qu’on n’a pas encore franchi.  

Là, vous vous en doutez, je fais une référence aux produits hyper-sucrés principalement destiné aux enfants, souvent labellisés  « Sains dans le cadre d’un petit déjeuner équilibré ». Comme on vient de l’expliquer, ce slogan ne veut évidemment rien dire. N’importe quel « mauvais aliment » est sain dans le cadre d’un régime équilibré, et ces produits sont d’excellents exemples de « mauvais aliments ». Pire : une étude indique que « Le sucre est plus addictif que la cocaïne »  – sans aller jusqu’à confirmer complètement cette conclusion, je vous invite à jeter un œil à l’étude en question, puis à vous poser la question de ce que vous donnez à manger à vos enfants « pour leur faire plaisir ». Lien : http://www.plosone.org/article/fetchArticle.action?articleURI=info:doi/10.1371/journal.pone.0000698

3/ Conclusion : Aliments « Mauvais pour la santé ». Dangereux ?

Cela semble aberrant, et pourtant tout pointe dans cette direction : les dangers réels d’une mauvaise alimentation sont comparables aux dangers de la drogue. Avec une consommation très contrôlée, les dommages sont négligeables. Le danger réel réside dans la consommation répétée et régulière, que ce soit pour des raisons d’accoutumance, de tolérance, ou tout simplement d’habitude. C’est pour cette raison que la plupart des drogues sont illégales : la société estime qu’elles sont trop dangereuses pour être vendues librement, trop de consommateurs risquent de tomber dans l’abus.

Et il est possible de voir là l’avantage (le seul ?) d’un régime végétalien par rapport à un régime flexitarien (consommant des produits animaux en quantités raisonnables). Le flexitarien s’autorisant de la viande devra contrôler sa consommation en permanence, sous peine de tomber dans l’abus. Le végétalien n’a pas à contrôler sa consommation, puisqu’il la supprime complètement. L’abstinence est encore le moyen le plus sûr de ne jamais avoir de problèmes avec les drogues… ou les mauvais aliments.
Je tiens à rappeler encore une fois, qu’en tant que végétalien, je suis le premier fâché par le fait qu’une alimentation végétalienne ne soit pas forcément meilleure pour la santé qu’une alimentation flexitarienne (en dehors de ce que je viens d’expliquer) , mais je tiens ce blog pour exposer des vérités, par pour les tordre à mes convictions.

D’autres questions valent la peine d’être posées. Le gouvernement devrait-il interdire les boissons sucrées, sachant qu’elles nuisent effectivement à la santé de consommateurs développant une addiction sévère au sucre (5) ?

Je vous laisse réfléchir là-dessus. La prochaine réflexion de ce dossier portera sur le terme d’ « alimentation naturelle » et posera la question de savoir s’il s’agit réellement de la meilleure façon de s’alimenter. La réponse pourrait vous surprendre.

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Notes de bas de page, à lire pour une compréhension complète de l’article

(1) Principalement pour raisons éthiques (Respect de la vie animale/Respect de l’environnement). La santé passe après. Et également les bénéfices sur la vie sexuelle (Vous avez une idée du nombre de végétariennes là-dehors qui cherchent un mec végétarien ?).   

(2) Je suis le premier à le regretter, mais je dois le reconnaitre : je n’ai encore jamais trouvé de publication démontrant qu’une suppression totale des produits animaux dans l’alimentation humaine était préférable à une consommation modérée. Par modérée, j’entends « Quelques fois par semaine », soit moins de 15% de la ration calorique totale. Attention ! Vulgairement parlant, je sors ce chiffre de mon cul, en me basant sur les quantités habituellement utilisés dans les études nutritionnelles sur les rats, et sur les habitudes alimentaires usuelles. Il est quasi-impossible d’évaluer ce chiffre de manière précise : Tous les modes de vie, tous les métabolismes, tous les produits animaux ou transformés ne se valent pas. Ne retenez donc aucunement cette valeur comme un fait scientifique, et faites appel au bon sens !

(3) Ici, le terme « Alcool » est utilisé au sens de la molécule d’alcool (éthanol), à distinguer du terme « Alcool » comme raccourci pour « Boisson alcoolisée ». Il existe bien sûr quelques vertus nutritionnelles positives aux boissons alcoolisées, comme les polyphénols du vin ou les antioxydants de la bière. Mais les études montrant un bénéfice à la consommation d’alcool en général, y compris en alcools forts plus pauvres en molécules d’intérêts, il est permis de penser que les bénéfices des boissons alcoolisées en général sont avant tout d’ordre psychologique, puis seulement d’ordre nutritionnel. 

(4) Drogue douce ou drogue dure : la distinction entre les deux est en réalité purement culturelle. Le livre de Yasmina Salmandjee, « Les drogues, Tout savoir sur leurs effets, leurs risques et la législation », définit les « drogues dures » comme « à même de provoquer une dépendance psychique et physique forte ». C’est une définition fausse, voir malhonnête : le tabac et l’alcool sont plus addictifs que l’écrasante majorité des drogues dures. Ils sont également souvent plus toxiques (Cf. rapport Roques (1998)).
Le terme de drogue « douce » signifie donc en réalité « drogue culturellement acceptable » (Tabac, Alcool, et plus récemment, Marijuana). Il ne qualifie en rien le produit de « moins dangereux ».
Il semble que les conséquences graves des drogues dures soient dues avant tout à la société et à la culture.
Pour plus d’infos :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Drogue#Opposition_drogues_douces_et_dures
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/63/Rational_scale_to_assess_the_harm_of_drugs_(mean_physical_harm_and_mean_dependence)_fr.svg/500px-Rational_scale_to_assess_the_harm_of_drugs_(mean_physical_harm_and_mean_dependence)_fr.svg.png
Pour approfondir encore le sujet : le blog d’une toxicomane qui décris les effets sociaux néfastes de la toxicophobie comme dépassant de loin les effets biologiques néfastes de la  toxicomanie : http://melange-instable.blogspot.fr/2013/02/drogues-et-toxicomanies-et-si-le-vrai.html  –> Salomée si tu me lis : je suis fan de ton blog, qui a brisé énormément de mes idées reçues.
Attention, je le précise au cas où ce ne soit pas clair : le fait que je remette à leur place quelques mythes et idées reçues sur les drogues « dures » ou « douces » ne signifie aucunement que j’encourage leur usage.

(5) Oui, la dépendance au sucre existe réellement :
http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9pendance_au_sucre
« De plus en plus d’études suggèrent que sous certaines conditions, la consommation d’aliments ou boissons sucrés peut créer des symptômes proches d’une addiction »

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Le mythe des protéines

Bonne année 2012 ! Je nous laisse digérer un moment les excès de fin d’année, et pour cela on s’éloigne un moment des thématiques de perte de poids, et on s’attaque à un mythe populaire. Sans doute le plus répandu des mythes alimentaires.

On commence par une petite devinette: quel est le point commun entre les trois personnes suivantes ?

Avi Lehyani

Tonya Kay

Marcus Patrick

Ces trois personnes sont végétaliennes. Elle ne consomment aucun aliment contenant viande, poisson, oeufs, miel, ou lait, en bref aucun produit d’origine animale. Et pourtant, comme vous le voyez, elles n’ont pas l’air vraiment carencées. Ces trois là en particulier ne mangent que des produits naturels, qui poussent par terre. Ce qui n’est pas le cas de la plupart des bodybuilders omnivores*, qui consomment énormément de suppléments.

[*là je suis un peu malhonnête, un certain nombre de bodybuilders végétaliens consomment aussi des suppléments (végétaliens). Mais Je tenais à montrer l’exemple de sportifs qui n’en consomment pas du tout.]

Ces profils et bien d’autres peuvent se retrouver sur Vegan Bodybuilding. La preuve par l’exemple comme quoi les protéines animales sont loin d’être nécessaires pour avoir des gros muscles. Certains sont mêmes « Raw foodists » ou Crudivores, ce qui signifie qu’ils ne consomment aucuns aliments cuits.

Je ne résiste pas à l’idée d’en profiter pour vous citer un magnifique passage de Mangerbouger.fr le site qui vous encourage a écouler nos productions de nourriture Française, vu qu’en France notre alimentation est parfaite (si ici vous ne voyez pas mon ironie, prière de relire mon introduction au blog) :

Vous éliminez tous les produits d’origine animale de votre alimentation : produits carnés, poissons mais aussi oeufs et produits laitiers. Sachez que ce type de régime rend très difficile la couverture des besoins en acides aminés indispensables, en fer, en calcium et en certaines vitamines. Le suivi d’un régime végétalien à long terme peut faire courir des risques pour la santé, notamment pour les enfants.

Il est amusant de noter que Mangerbouger.fr cite divers soucis qui n’en sont pas, mais ne cite pas LE SEUL « problème » que la vraie science reconnait au régime végétalien, c’est à dire le problème de la vitamine B12 (Cette vitamine fera évidemment l’objet d’un futur article).

Là, je pourrais vous sortir des tables d’analyses de la teneur en protéines de différents nourritures végétaliennes, mais ce serait comme écraser une mouche avec un bulldozer. Faisons appel à la LOGIQUE.

En réalité, et comme le dit si bien ce magnifique article d’une végane à priori pas trop carencée, tout le monde se pose la question de savoir ou sont nos protéines… Sans jamais savoir de quoi il s’agit. Mais oui, au fait, c’est quoi une protéine ? Les gens qui posent cette question savent-ils vraiment de quoi ils parlent ? Non, évidemment. Mais ils pensent que c’est cool parce que c’est mieux que le gras et le sucre. « Nous vivons dans un monde dirigé par la science, ou personne ne comprend la science ».

Et si l’on ne trouve des protéines que dans la viande, et s’il est impossible de trouver de bonnes protéines dans ce qui pousse par terre, alors comment font les vaches, les chevaux, et les éléphants pour avoir des muscles ? (Argument non scientifique je l’admet ! Mais c’est une question qu’il faut cependant se poser.)

Pour vulgariser ce qu’est une protéine, c’est simple. Disons qu’une protéine c’est une « brique du vivant ». Toute plante, animal, est constitué de cellules, qui sont constituées de sucres, de graisses, et de protéines.

La seule nourriture dans laquelle il n’y a pas de protéines, est une nourriture dont les protéines ont été extraites, comme l’huile, ou le sucre de table. Tout ce qui pousse naturellement contient forcément des protéines. Le seul moyen d’être déficient en protéines serait de se nourrir exclusivement d’huiles et de sucres purs.

J’ai posé la question à mon médecin généraliste: en 35 ans de carrière en France, il n’a jamais constaté les moindres symptômes d’une « déficience en protéine » excepté chez certaines victimes d’anorexie. Par contre, les maladies liées aux surplus de protéines, je vous assure qu’il en voit souvent. Article à venir sur les conséquences d’une alimentation trop riche en protéines.

D’ici-là, mangez naturel, mangez le plus végétal possible, et vous vous en sortirez forcément.